« Le magazine à une lettre d’être mignon. »
La création de Moignon part d’un constat simple. Le handicap est partout et il est pourtant invisible dans les médias, ou alors présenté comme une inspiration pour les « valides », ancré dans le sensationnalisme, ou encore dépeint sous un angle misérabiliste. Nous rejetons cette vision et cette appréhension. Mais nous ne verserons pas non plus dans l’angélisme. Notre ambition est d’informer sur le handicap au sens large, avec son lot de joies et ses peines – comme n’importe quelle personne peut en vivre.
Nous sommes intimement convaincu·e·s qu’une vie de handicap vaut d’être vécue, et, c’est essentiel, avec la plus grande autonomie. La société et les pouvoirs publics doivent agir en ce sens pour favoriser l’accessibilité et l’inclusivité. Travailler, se déplacer, se divertir, aimer : accomplir des tâches ou profiter des plaisirs simples du quotidien en tant qu’handi·e ne doit plus revêtir un caractère exceptionnel ou être un combat. Nous militerons donc pour une intégration pleine et entière dans le milieu ordinaire et faire société.
Le nom même de « moignon » en choquera peut-être certain·e·s, mais là n’est pas le but. Il affirme en revanche clairement, d’une part, une volonté de dédramatisation et de normalisation du handicap et, d’autre part, un humour, parfois corrosif, qui parcourront les articles. Il renvoie aussi, comme un hommage, au grand-père du co-fondateur de Moignon, Giuseppe, amputé de la jambe droite suite à un accident du travail.
Enfin, Moignon se veut un média libre et indépendant, lié à aucune association ou institution.
Charlotte Marchand et Bertrand Clermont-Genevi